Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 12:09

Droit de réponse

NB : ce message est publié par over-blog, hébergeur de ce blog, à la demande des salariés de Cousins, en application de la loi qui assimile les blogs à la presse et confère un droit de réponse aux personnes mises en cause. Sa suppression serait illégale et pourrait entrainer des poursuites.


 

Nous voulons tout d’abord vous dire que nous comprenons votre terrible douleur, et votre impérieux besoin de l’exprimer. Nous comprenons aussi, bien sûr, votre immense besoin de vérité : mieux, nous le partageons entièrement.

 

Nous le comprenons d’autant plus que chacun d’entre nous a vécu le tragique accident du 22 août 2009 comme un drame personnel : nous travaillons pour Cousins depuis trois, dix ou quinze ans. Nous vivons notre activité et notre entreprise Cousins comme une véritable famille. Nous sommes tous profondément marqués par ce qui est arrivé.

 

L’animation et les colonies de vacances, c’est un métier de vocation et de passion. Pour chacun d’entre nous, c’est un véritable engagement. Notre petite équipe s’investit et se bat au quotidien, depuis plus de 20 ans, pour permettre aux jeunes de découvrir le monde, avec un souci constant de qualité et de strict respect de la réglementation.

 

Depuis 4 mois et demi, par respect à votre égard, nous avons préféré garder le silence. Si nous avons décidé d’en sortir aujourd’hui, c’est parce que nous pensons que vous allez trop loin. Autant nous comprenons et nous respectons l’expression de votre douleur et votre besoin de vérité, autant nous ne pouvons admettre que vous condamniez d’avance, au mépris de toute justice, les responsables que vous avez désignés.

 

Vous n’hésitez pas, pour cela, à présenter comme avérés de nombreux points qui ne le sont pas. Voici des exemples sur lesquels vous proclamez vos certitudes absolues alors qu’il nous semble impossible de conclure sans que la justice ait fait son travail :

 

  • Vous tenez pour acquis que la conductrice du minibus, Nassera, s’est endormie au volant. C’est en effet ce qu’elle a dit, immédiatement après l’accident, totalement sous le choc et très sérieusement blessée. Aujourd’hui, elle affirme farouchement qu’elle ne s’est pas assoupie. Que s’est-il vraiment passé ? Nassera n’a-t-elle pas droit, jusqu’à un éventuel procès, à la présomption d’innocence ?

 

  • Vous écrivez « On ne vous a pas fait attacher votre ceinture de sécurité ». Les jeunes du minibus accidenté ont déclaré que Nassera leur avait demandé de mettre leur ceinture avant le départ. Ont-ils respecté cette consigne ? L’animatrice a-t-elle vérifié ? Les jeunes ont-il retiré la ceinture à son insu en cours de route ? Ou bien ne l’ont-ils jamais mise ? Là encore, ne faut-il pas attendre un jugement pour trancher ?

 

Vous ne mentionnez que les arguments qui vous paraissent à charge, oubliant notamment d’indiquer que le séjour et son itinéraire détaillé avaient été dûment déclarés à notre autorité de tutelle, que nous avions toutes les autorisations pour l’organiser, que les trois encadrants du séjour étaient très expérimentés, avaient à leur actif des dizaines de séjours d’animation et toutes les qualifications requises, et que le nombre d’encadrants (trois adultes) allait au-delà du taux d’encadrement légal (deux adultes auraient suffit au regard de la réglementation).

 

Surtout, contrairement à ce que vous écrivez, ce séjour n’a pas été organisé en multipliant les économies. L’équipe d’animation disposait du budget permettant au groupe de respecter le programme prévu, de dormir toutes les nuits en motel ou en camping (la nuit à la belle étoile n’était pas dictée par des contraintes budgétaires imposées par le siège), de faire toutes les activités prévues au programme, et, bien évidemment, d’organiser correctement tous les repas

 

Il n’en demeure pas moins que notre métier possède une composante humaine essentielle. Un séjour n’est pas une machine. Quels que soient les moyens, les programmes et les procédures mis en œuvre, les accompagnateurs disposent nécessairement d’une certaine autonomie - surtout pour les séjours se déroulant à des milliers de kilomètres de chez nous - et sont amenés à prendre des initiatives et des décisions. Elles sont parfois heureuses, comme celles prises par notre équipe d’animation dans les minutes qui ont suivi l’attentat terroriste ayant frappé l’un de nos groupes, au Caire, en février 2009, et qui ont même été qualifiées d’« héroïques ». Mais des erreurs d’appréciation peuvent aussi être commises et conduire à des initiatives malheureuses. N’appartient-il pas à la justice, en toute impartialité, de déterminer ce qu’il en a été durant ce séjour ?

 

Vous faites enfin toutes sortes d’amalgames. Vous faites par exemple circuler une pétition contre un projet d’émission qui n’a même jamais été envisagé : il n’a jamais été question de faire participer ni Telligo, ni évidemment Cousins, à l’émission de « C’est pas sorcier » (le partenariat vise seulement à permettre de créer un séjour « C’est pas sorcier » dans l’offre de Telligo).

 

Si nous avons pris quelques exemples dans ce droit de réponse, c’était pour illustrer notre propos ; nous n’entendons pas ici vous répondre point par point, ce n’est pas le lieu. Nous n’entrerons pas davantage sur ce blog dans un débat. Compte tenu de la gravité et l’enjeu, nos échanges ne pourront valablement se dérouler que devant la justice.

 

Vous voulez « que la lumière soit faite » et c’est totalement légitime et souhaitable. Mais n’appartient-il pas à la justice neutre et impartiale de définir les responsabilités, et non pas aux victimes de désigner des coupables et de les condamner ? « J’attends que la justice fasse son travail. » écrivez-vous, sans attendre pourtant ses conclusions pour formuler votre jugement et désigner des responsables à la vindicte publique (avec les dérapages malheureux auxquels cela a déjà conduit : commentaires haineux, mails d’injures, lettres anonymes, menaces de mort…).

 

 

Ce drame est venu nous rappeler cruellement que, quels que soient les efforts et l’engagement de chacun d’entre nous, le risque zéro n’existe pas. Il nous impose l’humilité mais nous engage aussi à toujours davantage d’efforts pour minimiser le risque inhérent à tout voyage, à toute activité : toute notre équipe est d’ores et déjà totalement mobilisée dans cette voie.

 

 

Toute l’équipe de Cousins.

Par Nathalie et Gilles BALDACCINI
Ecrire un commentaire - Voir les 40 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Recherche

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés